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Cachan jusqu'à aujourd'hui

L'époque romaine

L'origine de l'agglomération actuelle se situe entre le IIe et le IIIe siècle, date de la construction de l'aqueduc romain, qui, partant de Rungis devait rejoindre Lutèce. Ce chantier nécessita alors l'installation sur place des ouvriers qui travaillaient à sa construction et la création de voies d'accès pour permettre la circulation des matériaux et des hommes.

Le moyen-âge

L'existence historique de la terre de Cachan est datée de 829 : un acte confirme les biens de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés par Louis le Pieux et Lothaire. Un diplôme de Louis le Bègue datant de 878 laisse à penser que Pépin le Bref avait un palais à Cachan. Plus tard, divers arrêts et ordonnances datées de Cachan, prouvent que le château avait quelque importance. Célébré par Eustache Deschamps, poète du XIVe siècle, ce château disparu possédait plusieurs jardins allant jusqu'aux rives de la Bièvre, maints réservoirs à poissons, des vignes, prés et terres fertiles, des bois giboyeux. En 1360, le roi d'Angleterre, Edouard III, et ses troupes occupèrent toutes les agglomérations de la banlieue sud, dont le village de Cachan, afin de faire le siège de Paris mais battit en retraite sans avoir pu parvenir à ses fins.
Jean le Bon agrandit le manoir royal de Cachan en 1353, puis les terres échurent aux mains de divers parties mais on trouve encore mention de l'hostel du Roi, et d'un lieu-dit Les Grands Rois. Un document, attestant la propriété d'un « hôtel » à Cachan, laisse à penser que Bertrand Du Guesclin, y aurait possédé quelques biens. Charles VI séjourna au château de Cachan, en 1381, peu après son sacre.

XVIe et XVIIe siècles

But de promenade au temps de Ronsard par les écoliers de l'université de Paris et par les poètes de la Pléiade, le village eut à pâtir des horreurs de la guerre civile. En 1562 et 1567, le prince de Condé, en prenant Paris, fit occuper et piller Arcueil et Cachan par ses troupes. En 1589, Henri IV vint mettre le siège devant Paris et Cachan à nouveau fut victime de nombreuses dévastations. Cependant, à partir du XVIIe siècle, d'importants travaux furent réalisés avec l'aménagement de la Bièvre, sur tout le territoire de Cachan, jusqu'au faubourg Saint-Marcel, afin d'unifier les dérivations de la rivière dont l'eau était indispensable à la manufacture royale des Gobelins et d'autres travaux furent engagés pour permettre l'approvisionnement en eau potable de la rive gauche de Paris où, depuis la détérioration de la canalisation romaine, l'eau ne se trouvait plus qu'au fond de puits profonds. Interrompus par l'assassinat d'Henri IV, les travaux furent repris par Marie de Médicis. Le pont-aqueduc d'Arcueil-Cachan fut inauguré, en 1613, par Louis XIII, à Cachan, à l'occasion de la pose de la première pierre du grand regard de prise des eaux. Des documents attestent que le château de Cachan était assez vaste à l'époque pour recevoir une centaine de seigneurs et qu'en 1694, outre le château, la ferme attenante, le pressoir et les bergeries, on compte 18 maisons sur le domaine.

XVIIIe siècle

Les biens de l'abbaye bénédictine de Saint-Germain-des-Prés à Cachan étaient indépendants du domaine. Au cours du XVIIIe siècle, les religieux affermèrent leurs terres et bâtiments agricoles à des laïcs et se réservèrent le château qui avait été deux siècles plus tôt, la résidence préférée de leurs abbés. Bâti par le cardinal de Tournon (1490-1562), la propriété consistait à la fin du XVIIe siècle en un château comprenant cuisine, salle à manger, fontaine, grande salle, chapelle, six chambres de maîtres. Confisqué lors de la Révolution, il fut démoli sous la Restauration. Quelques dépendances subsistèrent, dont un petit pavillon, encore visible en 1955.

XIXe siècle

S'il est impossible de savoir avec exactitude quelle était la population de Cachan au début du XIXe siècle, le recensement de 1801 indique qu'Arcueil-Cachan comptait 1126 habitants, population qui allait s'accroître avec le développement industriel et l'extension de Paris. De grandes transformations eurent lieu à partir de l'Empire. En 1811, le vieux cimetière attenant à l'église paroissiale d'Arcueil fut transféré sur le territoire de Cachan à l'emplacement de l'actuel cimetière communal. Viabilité améliorée, réglementation des constructions en bordure de Bièvre, moyens de transport modernisés... A la veille de la guerre de 1870, le pont-aqueduc de la Vanne, long de 900 m, haut de 38 m, était presque achevé. Toute la banlieue sud eut à pâtir du premier conflit franco-allemand et Cachan fut un lieu de lutte contre les troupes prussiennes.

Cachan au XXe siècle

Depuis 1894, Arcueil est devenue Arcueil-Cachan. La ville compte alors 7 064 habitants, parmi lesquels 2,8 % d'étrangers majoritairement Belges et Italiens, et fête près de 200 naissances par an. C'est une commune encore largement rurale, dominée par l'activité économique des 150 blanchisseurs et des maraîchers qui ont pris la relève des vignerons. Dès 1911, les habitants de Cachan réclament une séparation avec Arcueil et avec projet de loi présenté à l'Assemblée nationale le 26 décembre 1922, l'indépendance de Cachan est acquise. En 1923 Amédée Picard devient le premier maire de Cachan (1). Ces années d'entre-deux-guerres sont celles de la modernité, conduite par Léon Eyrolles. L'éclairage public se généralise, le réseau d'assainissement se développe, on inaugure un marché aux comestibles. Les quartiers se transforment, avec le lotissement du Coteau et les premiers projets autour du Pont Royal. Les édifices publics voient le jour : la mairie, inaugurée en 1935, et trois écoles (Coteau, Belle Image et Cité-Jardins). Au recensement de 1931, la ville compte 12 790 habitants. La guerre et l'occupation amènent pénurie, rationnement et répression, mais la résistance s'organise. En 1945, la ville compte 15 156 habitants. Aux élections de 1953, Jacques Carat est élu pour le premier de ses huit mandats. Il restera 45 ans à la tête de la commune et inaugure une période de transformation définitive de Cachan. Les premières acquisitions foncières de 1954 annoncent la naissance du quartier La Plaine, suivie un an plus tard de la création de l'Office municipal de HLM. On multiplie les ouvertures de crèches et de classes, les créations de rues, les élargissements de voies. En 1962, Cachan compte 23 282 habitants . Parallèlement, l'École Normale Supérieure de Cachan inaugure son campus et confère à la ville un statut de pôle universitaire majeur. S'ouvre alors une décennie dédiée à la culture et aux loisirs : premiers grands spectacles de théâtre et de variétés, premier salon d'arts plastiques, ouverture du cinéma la Pléiade et de la piscine, inauguration de l'IUT qui conforte le statut universitaire de la commune. Après la transformation de la Cité-jardins et des quartiers de La Plaine et de La Prairie entamée au début des années soixante, les deux décennies suivantes sont celles de la rénovation du centre-ville. Les équipements publics continuent aussi de se développer : agrandissements et rénovations d'écoles, construction du Stade Léo Lagrange et des tennis à Dumotel, ouverture du parc Raspail, inauguration de la bibliothèque du centre ville et de la Maison Renaissance, modernisation du théâtre, création des centres socioculturels... Pour ses 70 ans, la ville peut s'enorgueillir d'un centre-ville entièrement transformé et l'on travaille déjà sur le futur quartier Desmoulins. En 1998,  Jacques Carat démissionne et remet son écharpe de maire à Jean-Yves Le Bouillonnec, premier adjoint depuis 1992. En 1999, Cachan compte 25 300 habitants.

Cachan au XXIe siècle

En 2001, Jean-Yves Le Bouillonnec est reconduit par les électeurs pour un second mandat. Les actions municipales s'inscrivent dans les paysages de la ville et le quotidien de ses habitants : rénovation de l'ensemble des logements sociaux, lancement de la rénovation des quartiers Hénouille-Cousté-Dolet, restructuration du quartier Desmoulins avec de nouveaux espaces publics à partager (square René-Louis Lafforgue, place du Millénaire), ouvertures de L'Orangerie, inauguration du « Marché », création des jardins Le Vallon et Courbet, réaménagement de la place Edouard Herriot, mise en place des comités de quartiers... La Ville obtient en 2005 sa première fleur au concours régional des Villes et villages fleuris, puis la seconde en 2007,  dans le cadre de « Quartiers Sud », la dalle de La Plaine et le parvis du centre socioculturel Lamartine sont réaménagés, les rives de Bièvre sont aménagées au cœur du quartier Desmoulins,  le cinéma La Pléiade s'offre un hall entièrement reconçu. Les écoles bénéficient elles aussi d'aménagements : rénovation des façades (Paul Doumer) ou création de nouveaux réfectoires. La ville continue également à s'ouvrir à tous, en améliorant les accès aux personnes handicapées, dans le cadre d'une Charte Handicap signée en 2007. Jean-Yves Le Bouillonnec est réélu en mars 2008, avec à ses côtés une équipe renouvelée. Ce début de troisième mandat est marqué par d'importants aménagements du territoire communal : le quartier Desmoulins poursuit sa mue, quatre arches de l'aqueduc du Loing sont réhabilitées en serres ; le jardin Simonnin rénové accueille deux nouveaux équipements de loisirs pour les jeunes. Les équipements culturels et sportifs prennent leur envol, avec l'agrandissement de la Maison Cousté et de la bibliothèque La Plaine, et la création de nouvelles salles et courts de tennis au sein du complexe sportif Léo Lagrange.
Au 1er janvier 2009, les cachanais sont 27 958.

Bibliographie

Amicale Laïque de Cachan, le Sentier urbain de Cachan, 1990
Cercle de cartophilie et d'Histoire locale du Club Léo Lagrange de Cachan, Cachan mon village, 1994
A. DESGUINE, l'Aqueduc Médicis à Arcueil-Cachan, 1971
A. DESGUINE, la Vigne et le Vin dans la vallée de la Bièvre au niveau des localités de Cachan, Arcueil et Gentilly, 1974
A. DESGUINE, Recherches sur la Bièvre à Cachan, Arcueil et Gentilly, 1978
F. PIZZORNI, la Bièvre de Buc... à Paris, 1984
L.-L. VEYSSIERE, Arcueil et Cachan, 1947

Les maires de la ville

François Delage (Pouilly-en-Auxois, 1852 - Paris, 1928). Conseiller municipal d'Arcueil-Cachan, désigné comme président de la délégation spéciale à la création de la commune le 1er janvier 1923, maire du 8 janvier 1923 au 24 février 1923.
Amédée-Elie Picard (Lyon, 1861 - Cachan, 1928). Professeur, maire du 24 février 1923 au 30 août 1928.
Félix Choplin (Bagneux, 1861 - Cachan, 1934). Employé de commerce, maire du 8 septembre 1928 au mois de mai 1929. Membre de la délégation spéciale et maire-adjoint de Cachan (1923-1928), il redevient adjoint après son mandat de maire, jusqu'à sa mort.
Léon Eyrolles (Tulle, 1861 - Cachan, 1945). Ingénieur, fondateur de l'École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l'industrie (ESTP) et maire de Cachan de 1929 à 1944.
Gaston Audat (Groises, 1899 - Cachan, 1944). Commissaire provisoire le 21 août 1944, à la Libération, il est tué d'une balle perdue, le jour de sa nomination, lors d'une fusillade entre allemands et résistants.
Alphonse Verdier (Arcueil-Cachan, 1898 - 1991). Entrepreneur d'électricité, président de la délégation spéciale du 4 novembre 1944 au 18 mai 1945 et chef de groupe F.F.I.
Léon-Alexandre Juzaine (Crépy-en-Valois, 1896 - Montlivaut, 1971). Artisan vannier, maire du 18 mai 1945 au 26 octobre 1947.
Alphonse Melun (Sépeaux, 1892 - Saint-Romain-le-Perreux, 1949). Artisan électricien, maire du 26 octobre 1947 au 30 juin 1949. Maire-adjoint avant la guerre, il aurait démissionné en 1942. Il meurt dans l'exercice de ses fonctions.
François Marie-Jean Guillas (Plumeret, 1893 - Paris, 1966). Commis de marine, maire du 30 juin 1949 au 6 mai 1953.
Jacques Carat (Paris, 1919 - Cachan 2009). Journaliste, maire de Cachan du 6 mai 1953 au 26 septembre 1998. Élu conseiller municipal en 1947 et maire de Cachan en 1953, Jacques Carat a exercé de nombreux mandats, dont celui de conseiller de la Seine, conseiller général du Val-de-Marne (vice-président) et sénateur. Il est maire honoraire de Cachan et sénateur honoraire.
Jean-Yves Le Bouillonnec (Cachan, 1950). Avocat, maire de Cachan depuis le 26 septembre 1998. Député de la 11e circonscription du Val-de-Marne depuis le 16 juin 2002.

 

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