A Cachan, les archives mentionnent l'existence d'activités viticoles dès le IXe siècle, sur les coteaux de la Bièvre. Une charte datée de 829 ainsi que d'autres documents, nous apprennent que le domaine de Cachan devait fournir du vin à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et alimenter la communauté religieuse locale (Cachan jusqu'à aujourd'hui).
Vers 1385, dans le village, le vignoble est partout, dans la vallée et sur les coteaux. Au fil des siècles, le domaine s'étend. En 1510, on fait venir 25 000 plants de vigne de l'Orléanais et en 1522, les moines y intègrent les meilleurs plants - Beaune, Volnay et Meursault. Parmi les meilleurs vins de la région parisienne, Etienne Dolet signalait, en 1538, ceux d'Arcueil-Cachan. Sur le territoire de la paroisse, la viticulture constitue alors la principale ressource des habitants.
La vigne résiste à la révolution : en 1791, il reste 30 hectares de vigne non close. Les vendanges achevées, les précieuses grappes sont acheminées au pressoir : au XIXe siècle, on en trouve trois dans la ville. Mais en 1900, il ne reste qu'un seul hectare de vignes à Cachan en raison des carrières, dont l'exploitation ne cesse de prendre de l'ampleur. Le chemin de fer n'arrange rien : les grosses productions du Midi arrivent en région parisienne et détrônent ainsi les petits vins de banlieue. L'urbanisation achève cette mise à mort, balayant les derniers plants subsistant autour de la fontaine couverte. Seuls quelques irréductibles, parmi les habitants du Coteau, s'entêtent encore à entretenir un pied ou deux dans leur jardin.
La vigne cachanaise renaît avec le nouveau millénaire. En novembre 2000, 300 pieds de cépages bordelais de vin blanc, Sauvignon et Sémillon, sont plantés sur une parcelle de 600 m2 et confiés aux bons soins du service des espaces verts. Quatre rangs de raisin de table longent la clôture du vignoble. Ainsi, les écoliers pourront déguster la production locale lors de leurs visites du clos cachanais. Un rang spécialement mal exposé permet d'expliquer aux enfants l'importance de l'ensoleillement. Mais la tradition et les secrets des vignerons cachanais se sont perdus. L'équipe des espaces verts en charge de ce projet se rend alors chez nos voisins de Bagneux qui, depuis 1982, cultivent avec succès les mêmes cépages sur une parcelle équivalente, le clos des Brugnauts. Les conseils divulgués par l'œnologue de Bagneux, avant même de débuter le projet, valent de l'or et en 2003, les apprentis-vignerons affinent leurs connaissances auprès de Gilles Chelin, exploitant à Ouzain, en Touraine. Le stage leur a permis de saisir toutes les étapes de la «mise à fruit» de la vigne cachanaise. Parmi ces étapes primordiales, la taille d'hiver, la taille en vert, l'entretien du sol, les fumures, les maladies et carences, le palissage... Les conseils d'un vigneron permettent aussi à l'équipe municipale de rectifier certains faux-pas. «Les piquets installés au départ étaient trop bas » explique, en 2002, Bernard Pinkiewicz, responsable du projet. « Les vignes ont à la fois besoin d'ombrage naturel et de se nourrir par les feuilles, avec la photosynthèse. L'attache de la vigne ou le traitement des sols n'étaient pas non plus tout-à-fait au point. Autre oubli, nous n'avions pas veillé à tailler le bas feuillage, de façon à laisser l'air circuler au pied des vignes ». « La vigne demande une expérience dès les premiers instants. Et jusqu'au bout » insiste Michel Vanderbrouck, employé aux serres municipales. « Chaque région de France développe d'ailleurs son propre art de la vigne, avec des façons de faire différentes. Pour la taille des plants, nous avons adopté la méthode Guyot ».
De fin avril à la mi-juillet arrivent l'attache et la taille de plants. Le traitement de sols contre les maladie et les nuisibles intervient, tous les 12 jours environ, de mars à septembre. Le travail de tonte, lui, doit être effectué toute l'année. Mais attention à ne pas se débarrasser de certains acariens qui vivent dans le sol, car ils sont nécessaires à l'équilibre de la vigne. « Les bonnes araignées mangent les mauvaises, en quelque sorte » reprend Bernard Pinkiewicz. Des rosiers, aussi, ont été plantés au début de chaque rang de vignes : l'arrivée éventuelle de pucerons est ainsi immédiatement détectée. Si la vigne peut rester à des températures très basses, un gel tardif au moment de la floraison pourrait s'avérer fatal, il faut donc être attentif aux épisodes de froid. Au final, l'entretien de la vigne se fait donc sur les douze mois de l'année, pas moins. Aujourd'hui, à Cachan, l'entretien des vignes mobilise partiellement quatre employés municipaux des espaces verts, dont deux jardiniers des serres.
Depuis 2004, les vendanges, qui ont lieu fin septembre, rassemblent un public de plus en plus nombreux. Dans une ambiance festive chacun peut participer à la récolte et à la mise au pressoir. Gardé en cuve au Château Raspail, sous la surveillance attentive d'un œnologue, le vin sera ensuite mis en bouteille par les agents municipaux des espaces verts. C'est ainsi que chaque année, en moyenne, 300 bouteilles sortiront du Château pour être offertes lors de cérémonies ou à l'occasion de rencontres de jumelage. Quatre cuvées, avec leurs caractéristiques propres, ont été baptisées depuis les premières vendanges : en 2004, la « Cuvée Chichignoud », en hommage à un responsable communal décédé brutalement, suivie en 2005 de la « Cuvée Jacques Carat » dédiée au Maire honoraire de Cachan, puis en 2006 de la « Cuvée Wolfenbuttel » en signe d'amitié au district jumelé à la ville, et enfin, en 2007 la « Cuvée du Conseil municipal » pour célébrer la nouvelle mandature municipale.

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